1ère Instruction de la Très-Sainte Vierge à Marie d'Agréda

Publié le par lepontdusalut

La Cité Mystique de Dieu

 

CHAPITRE XIX et première instruction de la Vierge Marie.

 

Instruction que la bienheureuse Vierge Marie m'a donnée.

 

« Ma fille, les mystères de ces chapitres renferment une grande doctrine et de grandes lumières, quoique vous y ayez omis bien des choses. Tâchez de profiter de tout ce que vous avez entendu et écrit, de peur que vous ne receviez en vain la lumière de la Grâce. Je veux vous recommander, quoique vous ayez été conçue dans le péché, et soyez sortie de la terre avec des inclinations terrestres, de ne pas perdre courage en combattant vos passions, et de ne pas vous rebuter jusqu’à ce que vous les ayez tout à fait vaincues, et détruit en elles vos ennemis ; car, avec le secours de la Grâce du Très-Haut qui vous soutiendra, vous pourrez vous élever au-dessus de vous-même et devenir fille du Ciel, d’où la Grâce descend. Pour arriver à ce bonheur, vous ne devez plus vivre que dans une haute sainteté, tenant toujours votre esprit occupé à la méditation de l’Etre immuable et des Perfections de Dieu, sans permettre qu’aucune autre application aux choses même nécessaires ne vous en fasse déchoir.

 

Par ce souvenir continuel et cette vue intérieure des grandeurs de Dieu, vous serez entièrement disposée pour pratiquer toutes les vertus avec la plus éminente perfection, pour recevoir les influences et les Dons du Saint-Esprit., et pour vous attacher au Seigneur par le commerce le plus étroit et le plus intime. Afin donc que vous ne mettiez en cela aucun empêchement à sa Sainte Volonté, qui vous a été si souvent manifestée et déclarée, travaillez à mortifier la partie inférieure de l’âme où résident les inclinations perverses et les passions mauvaises. Mourez à tout ce qui appartient à la terre, sacrifiez en la Présence du Très-Haut tous vos appétits sensuels, sans en satisfaire aucun ; n’agissez que par obéissance, et gardez-vous bien de sortir de votre intérieur, où la clarté de l’Agneau vous illuminera. Tenez-vous prête à entrer dans le lit nuptial de votre Epoux, et laissez-vous parer des ornements que la Droite du Tout-Puissant vous a destinés, si vous vous disposez convenablement à les recevoir. Purifiez votre âme par de nombreux actes de douleur de L’avoir offensé, et bénissez-Le ensuite, glorifiez-Le avec l’amour le plus ardent. Cherchez-Le avec de saintes et perpétuelles angoisses, jusqu’à ce que vous ayez trouvé Celui que votre âme désire ; et L’ayant une fois trouvé, ne L’abandonnez point.

 

Je veux encore que vous viviez dans cette vie passagère comme ceux qui l’ont achevée, et que vous teniez sans cesse vos regards fixés sur l’Objet qui les rend bienheureux. C’est cet Objet qui doit être tellement la règle de votre vie que l’âme remplie et illuminée des clartés de la foi et des splendeurs célestes, vous L’aimiez, L’adoriez et L’honoriez toujours. Voilà ce que le Très-Haut demande de vous. Faites de sérieuses réflexions sur ce que vous pouvez acquérir et sur ce que vous devez perdre. Ne mettez point par votre négligence une pareille affaire au hasard ; mais assouplissez votre volonté, et soumettez-la entièrement à la Doctrine de votre Epoux, à la mienne et aux principes de l’obéissance, que vous devez consulter en toutes choses. »

 

Telle est l’instruction que me donna la Mère du Seigneur, à laquelle je répondis, toute pleine de confusion, ce qui suit :

 

« Reine et Maitresse de l’univers, à qui j’appartiens et désire appartenir éternellement, je bénis la Toute-Puissance du Très-Haut de vous avoir tant exaltée, et rendue si riche et si puissante auprès de Lui. Je vous supplie, mon auguste Princesse, de regarder avec miséricorde votre pauvre servante, de suppléer à ma lâcheté avec les Dons que le Seigneur a mis entre vos mains pour les distribuer aux misérables, de remédier à mon extrême misère, et de me traiter en Maîtresse absolue, jusqu’à ce que, voulant et exécutant ce qui est le plus parfait, je devienne agréable aux yeux de votre Très-Saint Fils, mon Seigneur.

 

Procurez-vous cette gloire d’avoir tiré de la poussière la plus inutile de toutes les créatures. J’abandonne mon sort entre vos mains ; rendez-Le moi favorable, Vierge Sainte, par vos secours efficaces. Rien n’est impossible à votre volonté, qui est toute sainte et puissante par les mérites de votre Très-Saint Fils, et par la Parole irrévocable que la Bienheureuse Trinité vous a donnée de vous accorder tout ce que vous Lui demanderiez. Je suis indigne d’obtenir de vous cette Grâce ; mais je vous la demande, ô ma Souveraine, par votre Sainteté même et par votre clémence royale. »

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