3ème Instruction de la Très-Sainte Vierge Marie à Marie d'Agréda

Publié le par lepontdusalut

La Cité Mystique de Dieu

 

CHAPITRE XXI et troisième instruction de la Vierge Marie.

 

Instruction que la bienheureuse Vierge Marie m'a donnée.

 

« Ma très-chère fille, il est vrai que la Divine Justice ferma le Ciel aux mortels, à cause du premier péché, jusqu’à ce que mon Très-Saint Fils l’ouvrit, en satisfaisant surabondamment pour les hommes par sa vie et par sa mort. Il était, en effet, tout à fait juste et convenable que le Réparateur, qui, en qualité de Chef, se faisait suivre des membres rachetés auxquels Il ouvrait le Ciel, y entrât avant les enfants d’Adam. Si le premier homme n’eût pas péché, il n’eût pas été nécessaire de garder cet ordre pour que les hommes montassent dans le Ciel Empyrée et y jouissent de la Divinité ; mais la Très-Sainte Trinité, ayant vu la chute du genre humain, détermina ce qui s’exécute et s’accomplit maintenant. C’est de ce grand Mystère que David parla dans le Psaume XXIII, lorsqu’il dit deux fois en s’adressant aux esprits célestes : « Ouvrez, princes, vos portes ; et vous, Portes éternelles, élevez-vous et le Roi de Gloire entrera. »

 

Il dit aux anges que les portes étaient les leurs, parce qu’elles n’étaient ouvertes que pour eux, étant fermées pour les hommes. Et bien que ces courtisans du Ciel n’ignorassent pas que le Verbe incarné eût déjà brisé les verrous et les serrures du péché, quand ils Le virent s’avancer plein de Gloire et riche des dépouilles de la mort et du péché, ainsi que des prémices de sa Passion que lui offraient les justes des limbes qui L’accompagnaient, les saints anges vont au-devant de Lui, comme émerveillés et ravis de cette aimable nouveauté, et ils se demandent les uns aux autres : « Quel est ce Roi de Gloire, qui est cependant un homme de la même nature que celui qui a perdu pour lui et pour tous ses descendants le droit de monter au Ciel ? »

 

A cette question ils se répondent en disant que c’est le Seigneur fort et puissant en bataille, et le Seigneur des vertus, Roi de Gloire. C’était déclarer qu’ils étaient déjà convaincus que cet homme qui venait au monde pour ouvrir les Portes éternelles, n’était pas simplement homme, qu’Il n’était nullement compris dans la loi du péché, mais qu’il était vrai homme et vrai Dieu, et que, fort et puissant en bataille, Il avait vaincu le fort armé qui régnait dans le monde, et l’avait dépouillé de son royaume et de ses armes. Il était aussi le Seigneur des vertus, parce qu’Il les avait pratiquées comme en étant le Maitre, avec empire et sans opposition du péché et de ses effets. Et comme Seigneur de la vertu et Roi de Gloire, Il arrivait triomphant et distribuant les vertus et la gloire à ses rachetés, pour lesquels, en tant qu’homme, Il avait souffert et subi la mort. Tandis que, en tant que Dieu, Il les faisait entrer dans l’éternité de la vision béatifique, ayant brisé les serrures et les obstacles que le péché avait mis.

 

Ce fut, ma fille, ce que fit mon Fils bien–aimé, Dieu et homme véritable ; Il m’éleva comme Seigneur des vertus et des grâces dont Il m’orna dès le premier instant de ma Conception ; et comme je ne fus point atteinte par la souillure du premier péché, je ne fus point empêchée par cet obstacle, comme les autres mortels, d’entrer par ces Portes éternelles. Le puissant bras de mon Fils agit, au contraire, avec moi comme avec la Maitresse des vertus et la Reine du Ciel, et, considérant que je Le devais revêtir de ma chair et de mon sang et Le faire homme, Il voulut, dans sa Divine Bonté, me prévenir de sa Grâce, et me rapprocher de Lui par la pureté, en m’exemptant du péché, et en m’accordant d’autres dons et privilèges Divins. Car n’étant pas esclave du péché, je ne pratiquais point les vertus comme Lui étant soumise, mais comme maitresse avec empire et sans contradiction ; non point en créature semblable aux enfants d’Adam, mais en créature semblable au Fils de Dieu, qui était aussi le mien.

 

L’instruction que je vais vous donner est que, comme je vous ai choisie par une bonté toute gratuite pour être ma disciple et ma compagne, toute pauvre, inutile et faible que vous étiez, vous vous efforciez de m’imiter dans un exercice que j’ai pratiqué toute ma vie depuis ma naissance, sans l’avoir jamais omis pour quelques occupations, quelques embarras et quelques travaux que j’eusse, et voici en quoi il consistait. Au commencement de chaque jour je me prosternais en la Présence du Très-Haut, je bénissais son Etre immuable et ses Perfections infinies, je Lui rendais mille actions de grâces pour m’avoir tirée du néant ; et, me reconnaissant créature et ouvrage de ses Mains, je Le louais, je L’adorais, et je Lui rendais honneur et gloire, comme à mon Souverain Seigneur et au Créateur de tout ce qui a l’être. J’élevais mon esprit pour l’abandonner entièrement entre ses mains, et je m’y offrais à la Majesté Divine avec une profonde humilité et une parfaite résignation ; je Le priais de disposer de moi selon sa Sainte Volonté pendant ce jour-là et pendant tous ceux qui me restaient à vivre, demandant qu’Il m’enseignât ce qui Lui serait le plus agréable, afin de l’accomplir avec exactitude. Je réitérais plusieurs fois ces actes au milieu de mes occupations extérieures de la journée, tout en commençant toujours par consulter le Seigneur dans mes opérations intérieures, et par solliciter avant toutes mes actions son conseil, son agrément et sa bénédiction.

 

Ayez une grande dévotion pour mon très-doux nom, et sachez que les prérogatives et les Grâces dont le Tout-Puissant l’enrichit furent si nombreuses, que l’intelligence que j’en eux dans ma Vison de la Divinité, m’engagea et m’obligea à une continuelle reconnaissance. Aussi, toutes les fois que le nom de MARIE se présentait à ma mémoire (ce qui arrivait assez souvent), ou que je m’entendais nommer, mon coeur se sentait-il excité à la gratitude, et à entreprendre de grandes choses pour le service du Seigneur qui me l’avait donné. Vous portez, ma fille, le même nom ; c’est pourquoi je veux qu’il produise en vous les mêmes effets, et que vous m’imitiez avec zèle dans ce que vous enseigne ce chapitre, sans y manquer dorénavant, quoi qu’il puisse arriver. Et si par faiblesse vous vous négligez, revenez aussitôt à vous, et reconnaissez votre faute avec douleur en la Présence du Seigneur et en la mienne. Par ce soin, et en réitérant les divers actes de ce saint exercice, vous éviterez les imperfections, et vous vous accoutumerez par la pratique des vertus les plus éminentes à faire ce qui est le plus agréable au Très-Haut. Il ne vous refusera pas sa Divine Grâce, et avec son aide vous viendrez à bout de toutes choses, pourvu que vous vous attachiez entièrement à sa lumière et à son bon plaisir, comme vous le désirez et comme je le désire. Dès lors il faut que vous vous appliquiez sans cesse à écouter la voix de votre époux et de votre Seigneur, à Le servir, et à vous soumettre à sa Divine Volonté, qui demande de vous ce qui est le plus pur, le plus saint et le plus parfait, avec une intention prompte et fervente de l’exécuter. »

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