Mardi 7 juin 2 07 /06 /Juin 16:09

Les neufs mois de la Vierge marie dans le sein de sainte anne

 

 

Marie d’Agréda dit :

 

La très-sainte Vierge ayant été, comme nos l’avons dit, conçue sans péché originel, son esprit fut tout absorbé et ravi par la première vision qu’elle eut de la Divinité. Elle s’enflamma pour cet Objet de son amour ; dès l’instant que son âme bienheureuse fut créée dans cet étroit tabernacle du sein maternel, pour ne cesser jamais ses ardeurs, et les conserver, au contraire, pendant tout l’éternité au plus haut degré de gloire que puisse occuper une simple créature, à la droite de son très-Saint Fils. Or, pour faire de plus rapides progrès dans la contemplation et dans l’Amour Divin, elle ne profita pas seulement des notions infuses que lui communiquèrent, soit les choses créées, soit la première vision qu’elle eut de la très-Sainte Trinité, et qui lui permirent d’exercer beaucoup d’actes de la vertu proportionnés à l’état où elle se trouvait alors ; car le Seigneur lui accorda deux autres fois la merveille de cette vision abstractive de sa Divinité. Ainsi la Très-Sainte Trinité se manifesta de cette manière à Marie trois fois avant qu’elle naquit : l’une, au premier instant où elle fut conçue ; l’autre, environ au milieu des neuf mois, et la troisième, le jour qui précéda sa naissance. Il ne faut pas inférer de là que, parce que cette espèce de vision ne lui était pas habituelle, elle n’en eût point d’autres, car elle jouit toujours d’une vision particulière, qui, quoique inférieure à la première, était encore très grande et très sublime. Elle y voyait l’Etre de Dieu par la foi, mais avec des illustrations extraordinaires, que ne perdit jamais notre auguste Reine, et qui surpassaient toutes celles qu’eurent tous les voyageurs ensemble.

 

Mais bien que cette vision abstractive de la Divinité fût pour Marie telle que le comportait son état de voyageuse, elle était néanmoins si sublime et si voisine de la vision intuitive, qu’il ne fallait pas qu’elle fût continuelle ici-bas chez une créature qui devait mériter la gloire intuitive par d’autres actes. Toutefois, elle lui fut une grâce qui l’aida merveilleusement à parvenir à cette fin, parce qu’elle lui laissait dans l’âme de vives images du Seigneur, dont la contemplation enlevait et absorbait tout son être dans l’heureux embrasement de l’Amour Divin. Ce sont ces visions qui entretinrent les plus saintes affections dans l’âme de la très-pure Marie, tant qu’elle fut dans le sein de sainte Anne ; d’où s’ensuivit, qu’ayant l’usage très parfait de la raison, et s’occupant sans cesse de former soit des demandes en faveur du genre humain, soit des actes fervents d’adoration, de louanges et d’amour de Dieu, ou de s’entretenir avec les anges, elle ne se sentit point emprisonnée dans les naturelles et étroites parois du sein maternel. L’interdiction de l’usage des sens extérieurs ne lui causa aucune peine, et les incommodités ordinaires de cet état ne lui furent point à charge. Elle ne s’en aperçut même pas, parce qu’elle était plus en son Bien-Aimé que dans le sein de sa mère, que dis-je, plus qu’en elle-même.

 

La dernière de ces trois visions qu’elle eut fut accompagnée de nouvelles et plus admirables faveurs du Seigneur, parce qu’il lui annonça que le temps était venu pour elle de sortir à la lumière du monde et de converser avec des mortels. Se soumettant à la Volonté Divine, la Reine du Ciel dit au Seigneur :

 

« Dieu de suprême Majesté, Maitre absolu de mon être, Ame de ma vie et Vie de mon âme, mon Divin Roi et mon Seigneur, qui êtes infini dans vos Attributs et dans vos Perfections, aussi incompréhensible que puissant et riche en Miséricordes, je n’étais pas, et Vous m’avez faite ce que je suis, sans que j’aie pu rien mériter, Vous m’avez enrichie de votre Divine Grâce et de votre Lumière, afin de me faire connaître aussitôt votre Etre immuable et vos Perfections Divines. Or, Vous connaissant, comment ne seriez-Vous pas le premier Objet de ma pensée et de mon amour ? Comment chercherais-je un autre Bien que Vous, qui êtes le Souverain, le véritable Bien, et toute ma consolation ? Vous m’ordonnez, Seigneur, de sortir pour jouir de la lumière matérielle et du commerce des créatures, quoique j’aie découvert dans votre Etre même, comme dans un très clair Miroir, les dangers et les misères de la vie mortelle. Si elle doit m’exposer, à cause de la faiblesse de ma pauvre nature, à manquer en un seul point à votre Amour et à votre service, avant de mourir, faites que je meure ici à l’instant plutôt que de passer à un état où je pourrais Vous perdre. Mais, Seigneur, si l’accomplissement de votre Sainte Volonté exige que j’affronte la mer orageuse du monde, je Vous supplie, Très-Haut et Très-Puissant Protecteur de mon âme, de diriger ma vie, de conduire mes pas et de rendre toutes mes actions conformes à votre bon plaisir. Ordonnez en moi la charité, de sorte qu’elle se perfectionne par ces relations nouvelles avec vos créatures. J’ai connu en Vous l’ingratitude de beaucoup d’âmes, et j’ai lieu de craindre, étant de la même nature qu’elles, que j’ai le malheur de tomber dans les mêmes fautes. Renfermée dans cette étroite demeure du sein de ma mère, j’ai néanmoins joui des espaces infinis de votre Divinité ; j’y possède en Vous obéissant, mon Bien-Aimé, l’Unique et le Souverain Bien. Tandis que je Vous ai maintenant pour mon seul partage et pour mon seul lot, je ne sais pas, si, sortie de cette enceinte, je ne perdrai point mon trésor à l’apparition d’une autre lumière, et par l’usage de mes sens. S’il était possible et convenable que je renonce au commerce de la vie qui m’attend, j’y renoncerais, je m’en priverais volontiers ; mais que votre Volonté soit faite, et non la mienne. Et puisque Vous l’ordonnez ainsi, donnez-moi votre Bénédiction et votre agrément pour aller dans le monde, et continuez-moi votre Divine protection dans l’état où vous me mettez. »

 

Quand la douce et docile Marie eut fait cette prière, le Très-Haut lui donna sa Bénédiction et lui intima, comme avec autorité, l’ordre de sortir au jour matériel de ce soleil visible, et l’instruisit de ce qu’elle devait faire pour l’accomplissement de ses désirs.

 

Sa bienheureuse mère sainte Anne, toute spiritualisée par des influences Divines, voyait s’écouler le temps de sa grossesse en jouissant de grandes douceurs dans toutes ses puissances ; mais la Divine Providence voulut, pour augmenter sa gloire et pour assurer la prospérité de son pèlerinage, qu’elle eût le contrepoids de quelques afflictions, car sans ce pénible mélange on ne profite pas assez des fruits de la grâce et de l’amour. Pour mieux comprendre ce qui arriva à la sainte, il faut savoir que Lucifer, quand il eut été précipité dans les abîmes, avec tous les anges rebelles, était toujours aux aguets pour sonder les plus saintes femmes de l’ancienne loi, et pour tâcher de découvrir parmi elles celle dont il avait vu le signe, celle qui devait le fouler aux pieds et lui écraser la tête. Il y mettait un tel acharnement, qu’il ne voulait pas se décharger sur ses inférieurs du soin de cette recherche ; mais il s’y employait lui-même, ne se servant d’eux que contre quelques vertueuses femmes, et réservant toujours ses plus grands efforts pour découvrir et attaquer celles qui se distinguaient le plus dans la pratique des vertus et dans les service du Très-haut.

 

Par ses odieuses investigations, il découvrit avec beaucoup d’étonnement la rare sainteté de notre illustre sainte, et se mit à observer plus attentivement tout ce qui lui arrivait. Il ne parvint pas à se rendre compte de l’importance du trésor que son sein chaleureux renfermait parce que le Seigneur lui cachait ce mystère et bien d’autres. Mais il se sentait néanmoins repoussé avec force par une vertu extraordinaire qui rejaillissait de sainte Anne ; et incapable de découvrir la cause de cette puissante influence, il s’en troublait et s’en inquiétait souvent, en dépit de sa propre fureur. D’autres fois il se rassurait et se calmait un peu, supposant que cette grossesse rentrait dans les mêmes conditions que les autres, et ne devait lui inspirer aucune crainte particulière, parce que le Seigneur le laissait flotter dans sa propre ignorance, et s’agiter dans les flots de son orgueilleuse fureur. Néanmoins l’esprit pervers s’étonnait de plus en plus du calme dont il voyait jouir sainte Anne pendant sa grossesse, de l’assistance qu’il découvrit plusieurs fois et que les anges lui prêtaient ; il éprouvait surtout un vif dépit de se sentir incapable de résister à Celle qui allait sortir de notre illustre sainte, et commençait à soupçonner qu’il y avait là quelque intervention extraordinaire.

 

Tout alarmé par ces soupçons, Lucifer résolut d’ôter, s’il le pouvait, la vie à sainte Anne, ou du moins de faire tous ses efforts pour empêcher son heureuse délivrance. Car l’orgueil du dragon était si démesuré, qu’il se flattait de pouvoir vaincre ou même détruire s’il les connaissait assez tôt, Celle qui devait être Mère du Verbe incarné, et le Messie, le Réparateur du monde Lui-même. Il fondait cette extrême audace sur ce que sa nature angélique était supérieure en qualité et en forces à la nature humaine, comme si la grâce n’eut point été au-dessus de l’une et de l’autre, et qu’elles ne fussent pas soumises à la Volonté de leur Créateur. Avec cette folle et téméraire présomption il osa tenter sainte Anne par plusieurs fausses suggestions, par des terreurs, des troubles et des doutes sur sa grossesse, en lui représentant son âge et sa longue stérilité. Le démon faisait tout cela pour sonder la vertu de la sainte, et pour voir si l’effet de ses suggestions lui donnerait quelque accès à sa volonté.

 

Mais la courageuse épouse de Joachim repoussa ces attaques avec une force admirable, une patience constante, par une prière continuelle et une vive foi dans le Seigneur, se servant de ces armes pour rendre vains et inutiles tous les efforts du dragon, qui, à sa grande confusion, augmentaient en elle les Grâces et les Bénédictions Divines. Car indépendamment des grands mérites que la sainte mère acquérait, les princes célestes, qui gardaient sa bienheureuse fille, la défendaient et chassaient les démons de sa présence. Néanmoins l’infatigable malice de cet ennemi ne se ralentissait point ; mais comme sa témérité et son orgueil surpassent ses forces, il résolut de recourir aux moyens humains, parce qu’il se promet toujours par de telles voies des victoires plus certaines. Il tâcha donc en premier lieu d’abattre la maison des bienheureux époux, afin que sainte Anne se troublât et s’effrayât ; et n’y ayant pu réussir, parce que les esprits angéliques lui résistèrent, il excita contre elle quelques femmelettes d’un esprit faible qui la fréquentaient. Elles se mirent à lui chercher querelle, et poussèrent l’acharnement jusqu’à vomir contre elle les plus cruelles injures. Elles se livraient en sa présence à de blessantes railleries à propos de sa grossesse, et lui disaient que c’était le démon qui la trompait en lui persuadant qu’elle pouvait être enceinte à son âge.

 

Sainte Anne ne se laissa point troubler par cette tentation ; au contraire, elle supporta toutes ces injures avec une grande douceur et une charité admirable, et continuant à obliger ses persécutrices, elle les regarda dès lors avec plus d’affection, et leur rendit des services plus considérables. Néanmoins, leur animosité ne se modéra pas sitôt, parce que le démon les dominait et ne cessait de les animer contre la sainte. Or, quand on s’est une fois livré à ce cruel tyran, son empire s’accroît pour maitriser avec plus de violence ceux qui s’y sont soumis. Il poussa donc ces furieuses à machiner quelque trahison contre la personne et la vie de sainte Anne ; ce qu’elles firent, sans pouvoir pourtant exécuter leurs mauvais desseins, parce que la Vertu Divine déjouait toujours leurs complots. Loin donc que ces méchantes femmes réussissent dans leurs attaques contre la sainte, elle les ramena peu à peu par ses douces remontrances, et les convertit par ses charitables prières.

 

Ainsi le dragon fut vaincu, mais non désabusé ; car, persistant toujours dans sa téméraire obstination, il se servit d’une servante de nos saints époux, et l’irrita de telle sorte contre sainte Anne, qu’elle devint plus méchante que les autres. Un ennemi domestique est nécessairement plus perfide et plus redoutable. Je ne m’arrête point à raconter toutes les tentatives que le démon fit par le moyen de cette servante, puisqu’elles tendaient toujours au même but, quoiqu’elles fussent bien plus pénibles et plus dangereuses pour notre sainte. Avec le secours Divin, elle sortit néanmoins victorieuse de cette tentation, et beaucoup plus sûrement que les autres, parce que le Défenseur d’Israël, qui gardait sa sainte Cité, ne dormait pas. Il l’avait environnée, pour la protéger, des plus valeureux de sa milice céleste, qui mirent en fuite Lucifer et ses ministres, afin qu’ils ne troublassent plus le repos de la glorieuse mère. Elle se préparait déjà à l’heureuse naissance de la Reine du Ciel, s’y étant disposée depuis longtemps par de généreux actes de vertu et par les mérites qu’elle s’était acquis dans ces combats. Car le moment si désiré approchait toujours davantage. Pour moi, je désire aussi la fin de ce chapitre pour entendre les salutaires instructions de ma Reine et ma Maitresse ; car, bien qu’elle me dicte en quelque sorte tout ce que j’écris, ses avis maternels me sont particulièrement utiles. Aussi les attends-je avec impatience et les reçois-je avec une consolation inexprimable.

 

Parles donc, ma divine Princesse, car votre servante vous écoute. Et, si vous me le permettez, j’oserai, bien que je ne sois que cendre et poussière, vous proposer un doute qui m’est venu sur ce chapitre, puisque je veux soumettre à votre bénignité de Mère, de Reine et de Maitresse, tous ceux qui me pourront survenir. Le doute où je suis est celui-ci : comment est-il possible, Souveraine de l’univers, qu’ayant été conçue sans péché et avec la sublime connaissance de toutes choses dont votre âme très-sainte fut douée dans la vision de la Divinité, la crainte et l’inquiétude si vive que vous aviez de perdre l’amitié de Dieu et de L’offenser, se trouvassent et compatissent avec sa Grâce ? Si dès le premier instant de votre être la Grâce vous prévint, comment appréhendiez-vous de la perdre dans un commencement si tendre ? Puisque le Très-Haut vous avait exemptée du péché, comment auriez-vous pu tomber en d’autres et offenser Celui qui vous avait préservée du premier ?

 

Instruction et réponse de la Reine du Ciel

 

« Ma fille, écoutez la réponse à votre doute. Quand j’aurais connu mon innocence et ma conception immaculée dans la vision que j’eus de la Divinité au premier instant de mon être, les faveurs et les dons de la Main du Seigneur sont tels, que plus on les connaît et on les apprécie, plus on sent l’importance de les conserver, et de veiller à ne pas offenser leur Auteur, qui les communique à la créature par sa seule Bonté. Ils sont d’ailleurs accompagnés de tant de lumières, qu’il devient impossible de douter qu’ils ne proviennent de la seule Vertu du Très-Haut, et par les mérites de mon très-Saint Fils. La créature y découvre si clairement son insuffisance et sa bassesse, qu’elle reste profondément convaincue qu’elle ne mérite point ce qu’elle reçoit, et qu’elle ne peut ni ne doit s’approprier ce qui ne lui appartient en aucune manière. Elle comprend d’ailleurs qu’il y a un Dieu, Cause suprême, qui le lui accorde par pure libéralité, et que s’Il le lui donne, Il le lui peut ôter et le destiner à qui bon Lui semblera. Tout cela suffit pour qu’on travaille constamment à ne pas perdre ce qu’on a reçu par Grâce, et pour qu’on s’efforce de conserver et même de faire fructifier le talent du Seigneur ; car on sait que c’est pour la créature le seul moyen de ne point perdre ce qu’elle a reçu en dépôt, et qui ne lui a été donné qu’afin qu’elle le fasse valoir et servir à la Gloire de son Créateur.

 

En outre, on connaît dans cet état la fragilité de la nature humaine, et son libre arbitre pour le bien et pour le mal. Le Très-Haut ne m’a point privée de cette connaissance, et ne l’ôte même à personne dans cette vie passagère ; Il la laisse, au contraire, à tous les hommes, autant qu’il le faut pour que la sainte crainte de tomber dans le moindre petit péché s’enracine davantage en eux. Cette lumière, encore plus grande en moi, me fit comprendre qu’une petite faute dispose à une plus grande, et que la seconde est un châtiment de la première. Il est vrai qu’avec les faveurs et les grâces dont le Seigneur avait comblé mon âme, il n’était pas possible que je tombasse en aucun péché. Mais sa Providence m’accorda de telle sorte ce bienfait, qu’Il me cacha l’assurance absolue de ne point pécher, me laissant connaître que par moi-même j’aurais pu tomber, et qu’il dépendait uniquement de la Divine Volonté de me préserver de toute chute. Ainsi Il se réserva la connaissance de ma parfaite sécurité, pour me tenir dans une heureuse méfiance et dans la sainte crainte de pécher comme voyageuse. Je conservai cette crainte depuis ma conception jusqu’à la mort ; et plus j’avançais dans la vie, plus elle augmentait.

 

Le Très-Haut me donna aussi la discrétion et l’humilité, pour m’empêcher d’approfondir ce mystère par une recherche trop curieuse. Ma seule application était de me confier à sa Bonté et à son Amour, dont j’attendais tout mon secours pour ne point L’offenser. De là résultaient deux effets nécessaires à la vie chrétienne, l’un qui procurait la tranquillité à mon âme, et l’autre qui me maintenait dans la crainte de perdre mon trésor, et dans la vigilance nécessaire pour le conserver. Et comme c’était une crainte filiale, elle ne diminuait en rien l’amour ; au contraire, elle ne faisait que l’enflammer et l’augmenter de plus en plus. Ces deux effets d’amour et de crainte opéraient en mon âme un accord Divin, qui réglait toutes mes actions pour m’éloigner du mal et m’unir au Souverain Bien.

 

Ma chère fille, ce qui prouve surtout, dans les matières spirituelles, qu’elles sont conformes à la sainte doctrine et apportent la véritable lumière, c’est qu’elles enseignent la plus haute perfection des vertus, et meuvent avec une sainte violence la volonté à y tendre. Les bienfaits qui descendent du Père des lumières ont cette propriété de rassurer en humiliant, et d’humilier sans faire perdre l’espérance ; de mêler la confiance avec les incertitudes et les embarras, et ceux-ci avec la tranquillité et la paix, de telle sorte qu’au milieu de ces vicissitudes, aucun obstacle ne vienne s’opposer à l’accomplissement de la Divine Volonté. Quant à vous, âme favorisée, offrez au Seigneur de ferventes et humbles actions de grâces, pour avoir été si libéral à votre égard malgré votre indignité, pour vous avoir illuminée de ses Divines Splendeurs, introduite dans le Sanctuaire de ses Secrets, et pénétrée de la sainte crainte de sa Disgrâce. Usez-en pourtant avec modération, et livrez-vous surtout à l’amour, vous élevant avec ces deux ailes au-dessus de tout ce qui est terrestre et au-dessus de vous-même. Tâchez de vous dépouiller enfin de toutes les affections désordonnées qu’une crainte excessive pourrait faire naître en vous ; abandonnez votre cause au Seigneur, et prenez la sienne pour la vôtre. Craignez jusqu’à ce que vous soyez purifiée et dégagée de vos vices et de vos erreurs ; aimez le Seigneur jusqu’à ce que vous soyez toute transformée en Lui ; constituez-Le maitre et arbitre unique de toutes vos actions, sans que vous le soyez de personne. Défiez-vous de votre propre sentiment, et ne faites point la sage avec vous-même ; car les passions aveuglent maintes fois le jugement, l’entraînent après elle, et avec lui la volonté. Il arrive alors qu’on craint ce qu’on ne devrait pas craindre, et qu’on a de vaines complaisances pour ce qui est préjudiciable. Affermissez-vous de telle sorte que vous ne vous complaisiez point en vous-même par de légères et vaines satisfactions ; doutez et craignez jusqu’à ce que par une recherche tranquille mais attentive vous ayez trouvé le juste équilibre de toutes choses ; et vous le trouverez toujours si vous savez obéir à vos supérieurs et vous soumettre à ce que le Très-Haut vous enseignera et accomplira en vous. Lors même qu’on attend de bons résultats de ce qu’on désire, il faut les examiner d’avance et les régler tous par l’obéissance et de sages conseils ; car sans cette direction, ils deviennent stériles et inutiles. Appliquez-vous donc, ma fille, en toutes choses, à ce qui est le plus saint et le plus parfait. »

Par lepontdusalut
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés